(Dé/re)construire le rapport au temps de travail dans une société postcroissance
Estagnasié, C. (2023), (Dé/re)construire le rapport au temps de travail dans une société postcroissance. Acceptabilité sociale et post-croissance : Rôle de l’acceptabilité sociale dans l’analyse et la construction de nouvelles formes de sociétés post-croissance. Revue ŒCONOMIA HUMANA, 70-73
Premières lignes :
Le temps, c’est de l’argent ». Cette citation, souvent attribuée à Benjamin Franklin, renvoie à une vision comptable du temps en lien avec la mentalité industrieuse du 18e siècle, prédominante depuis lors dans les sociétés capitalistes, considérant le temps comme une valeur pécuniaire. Du moins, ce proverbe rapproche la notion de temps à celle de valeur. Or, si l’on cherche à penser la post-croissance, il faut d’abord reconsidérer ce qu’on appelle « valeur », en repensant ses indicateurs (Jany-Catrice et Méda, 2023). Par ailleurs, les notions de travail et de temps sont, dans le langage courant, implicitement imbriquées, puisque l’association entre « travail » (l’activité censée se dérouler sur le lieu de travail) et « temps de travail » (les horaires censés être fixés à l’avance par l’employeur) remonte à la Révolution industrielle : l’ouvrier allait « au travail » en se rendant physiquement à l’usine à certaines heures de la journée (Mumby, 2013).
Ce contenu a été mis à jour le 31 juillet 2025 à 22 h 44 min.